Bonjour, nous somme le 22/09/2017 10:59:19 Passez une agréable journée.

 La Serbie

 

Voie de passage naturelle entre Occident et Orient, entre Europe centrale et monde méditerranéen, la Serbie, aux frontières historiquement mouvantes, a subi les invasions de toutes parts, les colonisations les plus ardentes, frôlant l’anéantissement. Le combat multiséculaire contre les Turcs a défini un peuple entier, réfractaire aux modèles venus d’ailleurs. La foi orthodoxe et le nationalisme ont été le refuge du peuple serbe.
L’histoire récente de la Serbie a démontré comment, au confluent des mondes, là où cohabitent trois grandes religions(orthodoxie, islam, catholicisme), les cicatrices du passé peuvent ressurgir.
La Serbie d’aujourd’hui est l’héritière de cette histoire. Depuis l’indépendance du Monténégro en 2006, le pays est divisé en Serbie « intérieure », Voïvodine au Nord où se regroupe la minorité hongroise, et Kosovo au Sud, peuplé à environ 82 % d’Albanais. Ce dernier a déclaré unilatéralement son indépendance en 2008. Dans cette cocotte-minute, les Serbes forment environ les deux tiers de la population, incroyable mosaïque où cohabitent une vingtaine d'ethnies et de nationalités !
Le passé turbulent a offert au pays une profusion de monuments : châteaux haut perchés et monastères enfouis entre les plis de vallées verdoyantes. Ces joyaux, parmi les plus beaux du monde orthodoxe, expriment toute la grandeur de la Serbie médiévale (XIIe-XIVe siècles). Les fresques de certains, déroulant la vie des saints et des hommes, leur ont valu d’être classés au patrimoine mondial par l’Unesco. La relative virginité touristique du pays vaut de découvrir ces lieux dans une quiétude rare sous les cieux européens. La remarque vaut aussi pour les espaces naturels, dans les alpages et les forêts profondes, au fil des amples courbes du Danube ou sur ses berges encaissées entre de hautes falaises. Aux Portes de Fer, le fleuve franchit l’extrémité des Carpates.
Le mouton noir des Balkans achève de chasser ses vieux démons. La jeunesse pousse de l’avant. Une jeunesse pleine de vie, européenne à tous crins, qui veut tirer un trait sur les erreurs de la génération précédente, sortir et s’éclater, comme jadis, au temps où la Yougoslavie était à la proue du bloc de l’Est. La vie nocturne de Belgrade, capitale historique à redécouvrir (fondée il y a sept millénaires), est on ne peut plus animée. 

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CARTE D'IDENTITE 

 

Statut : république indépendante depuis le 5 juin 2006, après la séparation d’avec le Monténégro.
Superficie : 88 361 km², soit presque autant que le Portugal. Cela comprend la province autonome de Voïvodine.
Population : 7 243 007 (estimation 2013). On constate un certain dépeuplement essentiellement dû à l’émigration et à un taux de fécondité très faible.
Capitale : Belgrade (« la ville blanche ») est la capitale de la Serbie depuis 1878.
Densité : 82 hab./km².
Régime : démocratie parlementaire monocamérale (une seule chambre). Une nouvelle constitution a été adoptée en octobre 2006, qui entérine la séparation définitive d’avec le Monténégro, devenu indépendant.
Chef de l’État : Tomislav Nikolić (depuis mai 2012), nationaliste, fondateur du SNS (Parti Serbe du Progrès).
Premier ministre : Aleksandar Vučić (depuis avril 2014).
Religions : majorité orthodoxe (85 %), minorités catholique (5,5 %), musulmane (3,2 %) et protestante (1,1 %).
Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : le Vieux Ras avec Sopoćani ; le monastère de Studenica ; les monuments médiévaux au Kosovo ; Gamzigrad-Romuliana, palais de Galère.

L'indépendance du Kosovo

Le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance le 17 février 2008. Après la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro, le Kosovo fut le 6e État indépendant à s'extraire de l'orbite de la Serbie et de l'ex-Yougoslavie.
Toutefois, la minorité serbe du Kosovo se refuse à renoncer à cette terre où son histoire est millénaire. Vivant dans le nord du Kosovo, elle rejette l'indépendance, tout comme les autorités de Belgrade qui condamnent cette proclamation. 
Le 22 juillet 2010, la Cour internationale de justice a reconnu la légalité de la déclaration d'indépendance du Kosovo, estimant que celle-ci ne violait pas le droit international.

Économie

Massivement industrialisée sous l’ère titiste, la Serbie a souffert de l’éclatement du bloc de l’Est, et du passage difficile de l'économie planifiée à l'économie de marché. Elle a ensuite souffert de l'éclatement de la Yougoslavie, perdant dans les années 1990 une part importante de ses partenaires économiques. 
En 1993, les sanctions imposées par les Nations Unies dans le sillage de la guerre au Kosovo ont mené une majorité de la population sous le seuil de pauvreté. L’inflation a atteint jusqu’à 3 000 000 % en janvier 1994 ! L’économie dirigée façon Milošević et les raids aériens de l’OTAN en 1999 ont fait le reste : le pays est entré dans le XXIe siècle exsangue.

Depuis 2000, les gouvernements démocratiques ont timidement entrepris de libéraliser l’économie - avec une salve de privatisations en 2007. De nombreux donneurs ont accepté une réduction ou un rééchelonnement de la dette.

L’année 2006 a marqué un tournant : si le chômage reste rampant (au moins 20 %), le déficit public est enfin effacé et l’inflation ramenée sous contrôle. Les investissements étrangers (essentiellement européens) ont bien augmenté, ainsi que le taux de croissance (5,8 %). Cependant, après la crise financière, le taux de croissance du PIB était tombé à 1,5 % en 2010, mais a réussi à remonter à 3 % en 2011.

Puis, après la crise financière, le taux de croissance du PIB était tombé à 1,5 % en 2010. Après une légère reprise en 2011 (+ 3 %), le PIB a chuté à nouveau en 2012 (- 2 %).

En 2010, la Serbie a adopté une politique économique à long terme prévoyant de quadrupler les exportations d’ici 10 ans, et de renforcer ses investissements dans les infrastructures de base. Mais l’export a chuté de 3,6% en 2012.

D’autres chantiers majeurs restent à mettre en place : lutte contre le fort taux de chômage, contre l’augmentation de la dette extérieure, attrait de nouveaux investissements étrangers, remise sur les rails du programme du FMI.

En 2012, le secteur tertiaire représente plus de la moitié du PIB de la Serbie.

La question de l'adhésion de la Serbie à l'UE, toujours d'actualité, est d'autant plus cruciale que l'Union européenne est un partenaire commercial majeur.

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AVANT DE PARTIR 

En bref

Papiers (UE) : carte d'identité ou passeport en cours de validité. Pour un séjour de plus de 90 jours, visa.
Vaccins conseillés : vaccins universels (DTCP, hépatite B), hépatite A, et éventuellement typhoïde.
Meilleure saison : entre mai et septembre.
Durée de vol direct : 2h15 pour Belgrade.
Décalage horaire : aucun.

Adresses utiles

En France

Ambassade de Serbie (assurant des fonctions consulaires) 5, rue Léonard-de-Vinci, 75016 Paris. Métro : Victor Hugo, Kléber, Charles de Gaulle-Étoile. Tél. : 01-40-72-24-24 (ambassade) et 01-45-02-09-39 (consulat). Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. (ambassade) etCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (consulat). Consulat ouvert le lundi de 9h à 12h et de 15h à 17h, et du mardi au vendredi de 9h à 12h.
- Consulat de Serbie à Strasbourg : 26, avenue de la Forêt-Noire, 67000 Strasbourg. Tél. : 03-88-35-39-80. Courriel :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
- Consulat honoraire de Serbie à Clermont-Ferrand : 3, rue Saint-Saëns, 03700 Bellerive-sur-Allier. Tél. : 04-70-59-81-55.
Centre culturel de la République de Serbie : 123, rue Saint-Martin, 75004 Paris. Tél. : 01-42-72-50-50.

En Belgique

- Ambassade de la République de Serbie (assurant des fonctions consulaires) : Boulevard du Régent, 53, 1000 Bruxelles. Tél. : (32-2) 647-26-52, 647-5781 et 649-6545 (ambassade) ; (32-2) 649-8349 (consulat). Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

En Suisse

- Ambassade de la République de Serbie (assurant des fonctions consulaires) : Seminarstrasse 5, 3006 Berne. Tél. : (31) 352-63-53 ou 63-54. Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (ambassade) etCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (consulat).  Section consulaire ouverte du lundi au vendredi de 9h à 13h.
Consulat général de Serbie : Alfred-Escher Strasse 4, 8002 Zurich. Tél. : 202-02-73 ou 02-74. Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Consulat ouvert les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8h30 à 16h, et le mercredi de 8h30 à 12h et de 14h à 18h. Fermé les jours fériés suisses et serbes.

Au Canada

Ambassade de la République de Serbie (assurant des fonctions consulaires) : 21 Blackburn Avenue, Ottawa, Ontario K1N-8A2. Tél. : (613) 233-6289 et 233-6280. Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.(ambassade). Section consulaire ouverte du lundi au vendredi de 9h à 13h.
Consulat de Serbie à Montréal : 2000 Peel Street, Montréal, Québec H3A-2W5. Tél. : (514) 939-1200.
Consulat général de Serbie à Toronto : 40 Eglinton Avenue East, 7 floor, Unit 701, Toronto, Ontario M4P-3A2. Tél. : (416) 483-1080. Courriel :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
Consulat de Serbie à Vancouver : 7411 Vantage Way, Vancouver, Colombie-Britannique, V6J-4J5. Tél. : (604) 940-3838. Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Formalités d'entrée

Pour les ressortissants de l’Union européenne, les Suisses et Canadiens, le passeport ou la carte d'identité en cours de validité pendant le séjour (ou valable au moins 90 jours à compter de la date d'émission du visa) suffit pour tout séjour de moins de 90 jours.
Attention : bien que les cartes nationales d’identité françaises délivrées entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013 ont vu leur durée de validité prolongée de 5 ans, les autorités serbes ne prennent en compte que la date indiquée au verso de la CNI.

Pour un séjour de plus de 90 jours, le visa est nécessaire. Le passeport doit être valable au moins 90 jours à compter de la date d'émission du visa. Compter un mois de délai d'obtention.

Il faut en outre, pour tous, être en mesure de présenter un billet d'avion aller-retour ou de continuation.

Le permis de conduire international est fortement recommandé. Ceux qui viennent en voiture auront également besoin de la carte verte internationale.

 

SANTE ET SECURITE

 

Santé

Il n’y a pas de danger sanitaire majeur à signaler en Serbie. Tout juste peut-on s’assurer d’être à jour de ses vaccinations universelles (DTCP, hépatite B) et de celle contre l'hépatite A. Certains recommandent en outre de se prémunir contre la typhoïde.

L’eau du robinet est a priori potable, mais beaucoup de visiteurs préfèrent s’en tenir à l’eau en bouteilles, surtout hors des grandes villes. Certains préfèrent aussi éviter les aliments crus. La baignade dans les eaux stagnantes peut exposer aux risques de bilharziose.

Lors des randonnées en montagne, ne vous laissez pas surprendre par le mauvais temps sans l’équipement nécessaire : pull, vêtement imperméable, pantalon, torche, etc.

L’équipement hospitalier et les services d’urgence sont de qualité moyenne. Il est conseillé aux voyageurs de souscrire une assurance rapatriement et de rentrer en France pour les traitements autres que les premiers secours.
Cette remarque est encore plus vraie au Kosovo (république ayant déclaré son indépendance en février 2008, mais qui n'est pas internationalement reconnue). Vous éviterez aussi d'y boire l'eau du robinet : elle est suspectée être à l'origine d'une épidémie de méningite en 2006. L'eau en bouteille est facilement disponible.
Si vous avez besoin de voir un médecin parlant français, contactez l’ambassade.

Urgences

Pour la police, faites le 92, pour les pompiers le 93 et pour le SAMU (hôpital) le 94. Idéalement, mieux vaut demander à un Serbe d’appeler pour vous, la pratique des langues étrangères n’étant pas garantie.

Dangers et enquiquinements

Mines

Les principaux dangers qui viennent à l’esprit découlent des troubles politiques passés. Dans le sud de la Serbie, il reste des zones qui n'ont pas encore été totalement déminées au sud de la Serbie, aux abords de Preševo, Bujanovac et Medveđa. Ne vous éloignez pas des grands axes de circulation et n’allez pas pique-niquer dans les champs.

Même si environ 90 % des mines ont été retirées, les zones frontalières avec le Kosovo restent à éviter, notamment aux abords des villes de Preševo, Bujanovac et Medveđam. Une carte mise à jour régulièrement est éditée par le Mine Action Center de Pristina.

La question du Kosovo

Le Kosovo et les régions frontalières nécessitent également une certaine prudence du fait de la subsistance de tensions ethniques. La région entière est instable et les choses risquent de ne pas s’améliorer tant que le statut définitif de la province n’est pas défini. Il convient d’éviter les rassemblements et manifestations, qui peuvent dégénérer. Pour une fois, on vous conseillera de ne pas essayer de parler dans la langue du pays : vous pourriez dire bonjour en serbe à un Albanais ou vice-versa, et la conversation tournerait vite à l’aigre...

Manifestations

Il est conseillé d’éviter de se joindre à des manifestations, ou même de se rendre à des événements sportifs sans être dans le cadre d'un déplacement organisé.

Voiture

Au quotidien, la Serbie toute entière et le Sud plus encore sont sujets à de fréquents vols de voitures. Garez-vous sur des aires de stationnement gardées ou fermées, surtout si votre véhicule est récent et de grosse cylindrée. Et, si vous allez au Kosovo, ne passez pas avec une voiture de location serbe !

D’une manière générale, soyez très attentifs au volant : les routes sont tortueuses et les chauffeurs serbes un rien suicidaires ! Les dépassements en côte, dans un virage et sans visibilité sont monnaie courante. Pas de timidité à avoir : klaxonnez à tire-larigot ! Et, d’une manière générale, évitez de conduire de nuit. Entre les charrettes, les nids de poule et les vaches… La conduite en hiver, sur des routes peu déneigées, est carrément déconseillée.

Argent et papiers

Il peut être utile de photocopier ses papiers avant le départ. En cas de perte ou de vol, les formalités seront simplifiées. Ne vous promenez pas avec une grosse somme d’argent sur vous et évitez de retirer de l’argent au distributeur la nuit dans une rue isolée.

Risque sismique

Signalons enfin que la Serbie est située sur une zone d'activité sismique couvrant la péninsule des Balkans dans son ensemble.

 

 

CULTURE 

 

Orthodoxie

Ciment de l’identité serbe, bastion de résistance à l’époque où la région tomba aux mains des Ottomans, la foi orthodoxe s’est véritablement installée à travers le pays dans le sillage de saint Sava, fils cadet du grand duc Stefan Nemanja, prince de la Serbie orientale au XIIe siècle. 
Père et fils, retirés de la vie laïque, fondèrent ensemble le renouveau monastique du mont Athos (en Grèce), valant à la Serbie un grand respect dans tout le monde chrétien oriental et l’indépendance de son Église orthodoxe (dite autocéphale, donc). 
En 1217, pourtant, le frère de saint Sava montait sur le trône de Serbie… couronné par le Pape ! Églises d’Orient et d’Occident, brouillées à la suite d'une série de conflits théologiques échelonnés du IXe au XIe siècle, venaient juste de consacrer leur divorce après la prise de Constantinople par les Croisés (1204). Traîtrise familiale ou belle manœuvre ? Le clan Nemanja était désormais blindé sur les deux fronts !

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Qu’est-ce qui sépare orthodoxes et catholiques ? 
La conception même de l’Église, pour commencer. Les premiers l’entendent comme une communauté de foi aux mains des seuls évêques, successeurs des apôtres, et se défient des structures politiques édifiées par le Vatican. Les orthodoxes s’en remettent à la décision collégiale et suspectent, par principe, la parole unique comme peut l’être celle d’un pape. 
Elle accorde aussi davantage encore de poids à la tradition : la pensée présente ne peut s’exprimer qu’à travers le prisme du passé. 
Le mot orthodoxie (du grec orthos et doxa, signifiant « opinion juste ») prend ici tout son sens. Jamais les édiles de l’Église orientale ne se sont laissé circonvenir (disent-ils) par les empereurs byzantins, tout puissants qu’ils aient été, jusqu’à modifier le dogme. On ne peut, à les entendre, en dire autant des papes, trop souvent liés aux familles princières d’Europe occidentale… Vu sous cet angle, les Anglicans ne peuvent être, pour eux, que des Martiens !

Les credo orthodoxes se reflètent dans l’organisation de l’Église. Chaque communauté nationale est ainsi autocéphale, placée sous l’égide d’un patriarche, président des synodes épiscopaux (toujours ce principe de décision commune). La plus grande est celle de Russie, avec quelque 90 millions de fidèles ; celle de Serbie est la quatrième plus importante (9 millions). Une certaine hiérarchie s’établit, davantage honorifique que numérique. Mais les variables d’une Église orthodoxe à une autre sont minimes, pour ne pas dire inexistantes. 
Les synodes réunissant tous les patriarches sont rarissimes. Ce fut le cas, par exemple, en 1848, pour mettre en garde le pape de l’époque qui envisageait de buller au sujet de « l’infaillibilité pontificale »…

Suite à leur récente indépendance, la Macédoine et le Monténégro ont souhaité se soustraire à la tutelle de l’Église orthodoxe serbe, fondant leur propre Église autocéphale. Ni l’une ni l’autre ne sont cependant reconnues par le reste de la communauté orthodoxe, car leur caractère politique (pour ne pas dire ethnique) est contraire au principe de définition territoriale historique des patriarcats. La sphère du religieux n’est pas celle du temporel ! Les prêtres « serbes », « monténégrins » et « macédoniens » sont donc en conflit ouvert, les premiers essayant d’empêcher les seconds de « reconquérir » églises et monastères…

Sandjak

Le terme désignait une subdivision de province à l’époque de la tutelle ottomane. Il est aujourd’hui généralement utilisé pour parler du Sandjak de Novi Pazar, une région étendue à la fois sur le sud de la Serbie et le nord du Monténégro, où vit une importante population musulmane (60 %). Cette entité territoriale a été formée à la fin du XIXe siècle, à une époque où les grandes puissances, souhaitant éviter que Serbie et Monténégro ne possèdent de frontière commune, en laissèrent la gestion aux Turcs. Le Sandjak devint une sorte de refuge pour tous les musulmans persécutés des Balkans. 
Mais il s’étend en partie sur le territoire de la première principauté médiévale serbe… et compte certains de ses plus grands et plus beaux monastères. Bref, la situation n’y est guère différente de celle du Kosovo voisin, si ce n’est que les musulmans locaux ne sont pas ethniquement albanais, mais slaves.

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Pont naturel entre la Bosnie et le Kosovo, le Sandjak a miraculeusement échappé à la guerre civile, mais les relations entre orthodoxes et musulmans n’y sont pas pour autant excellentes… Chacun campe prudemment dans son coin. Quelques tentatives de purification ethnique ont même été observées à l’époque de la guerre et les guérilleros de l’UCK, l’Armée de libération du Kosovo, y ont longtemps campé. 
Apparu en 1992, le Parti d’Action démocratique (SDA) s’est fait le porte-parole d’une affirmation identitaire des musulmans du Sandjak ; il est particulièrement virulent du côté serbe de la frontière. En 2001, la madrasa de Novi Pazar y diffusait les thèses affirmant que les attentats de New York avaient été fomentés par les sionistes pour discréditer le monde musulman… En novembre 2006, modérés et islamistes liés aux wahhabites se sont même affrontés physiquement dans une mosquée locale.

Le Sandjak entretient parallèlement une réputation de nid de criminalité, où ont d’abord prospéré des ateliers de contrefaçon de jeans, puis, une fois cette manne envolée suite à l’ouverture des marchés aux importations chinoises, des mafias. Voitures volées en provenance de l’Ouest, drogue arrivant de l’Est, trafic de cigarettes et d’êtres humains, la liste est longue. Les chefs mafieux de Novi Pazar se sont même fait une spécialité peu commune : « assureurs » des cargaisons d’héroïne !

 

 

TRADITIONS 

 

Fêtes folkloriques

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Les Serbes adorent célébrer leur héritage folklorique. Les bergers sont à l’honneur en mai à Knjazevac (joutes), en juin à Donji Milanovac (courses et jeux de force) et en juillet à Kosjeric (flûte et guitare traditionnelle). 
À la belle saison, les différentes régions et ethnies mettent tour à tour leur patrimoine en valeur : Homoljski Motivi de Serbie orientale à Kucevo, et festival de Saint-Georges à Zajecar en mai ; Tamburaski Festival à Ruma en Voïvodine, et folklore ruthène et ukrainien à Ruski Krstur en juin ; soirées allemandes et hongroises au bord du Danube à Apatin en juillet, etc. 
Des courses de chevaux sont régulièrement organisées. 
La fête de la Saint-Pierre à Bački Brestovac, en juillet, est l'une des manifestations les plus drôles. Au programme : courses d’échasses et championnat du monde de poussée de pierres !

Jambon fumé, vin, saucisson, pasulj, les spécialités serbes sont prétexte à d’autres festivités encore. À cet égard, les athées militants se feront un devoir de se rendre au festival de la Saucisse (Kobasicijada) à Turija, près de Srbobran, en février. Au programme : des kilomètres de saucisses à ingurgiter en pleine période de Carême. En 2004, pour protester contre sa tenue, l’église orthodoxe a jeté l’anathème sur les organisateurs et demandé aux popes locaux de sonner le glas !

Enfin, si vous êtes prêt à affronter les frimas hivernaux, mettez le cap sur Sremski Karlovci au moment du Noël orthodoxe (7 janvier). La ville, ancien siège de l’église serbe, se nimbe alors d’une atmosphère sacrée très particulière. Musique religieuse et chorales y attirent du monde de tout le pays.

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Jours fériés

1er et 2 janvier jour de l’An. 
7 janvier : Noël orthodoxe. 
14 janvier : Nouvel An orthodoxe (non chômé). 
27 janvier : Saint Sava (non chômé). 
15 février : fête de la Constitution
Avril-mai : Pâques orthodoxe (date variable). 
1er et 2 mai : fête du Travail. 
9 mai : jour de la Victoire (non chômé).
28 juin : fête de Saint Vit (non chômé).

Un peuple slave

Slave par essence, l’identité serbe a commencé à se forger au Haut Moyen Âge par la fusion des peuples sorabes venus de l’actuelle Allemagne orientale avec les Grecs, Valaques et Illyriens qui peuplaient les Balkans centraux. Plusieurs principautés serbes furent constituées entre le IXe et le XIIe siècle, jusqu’à l’avènement d’un véritable empire sous la dynastie des Nemanjic.

Cette glorieuse entreprise perdura deux siècles, jusqu’à sa défaite par les Ottomans à la bataille de la Maritsa, en 1371, puis à celle, terrible, de Kosovo Polje en 1389. Dire que la rancœur des Serbes vis-à-vis de toutes les présences musulmanes dans les Balkans remonte à cette époque ne serait pas tout à fait inexact… Les trois siècles et demi qui suivirent placèrent le pays sous la tutelle turque, tandis que les Austro-Hongrois tentaient des percées par le Nord.

Il fallut presque trois générations de combats, tout au long du XIXe siècle, et l’affaiblissement international de la Turquie, pour voir éclore à nouveau un royaume serbe en 1882. Avec, pour armes principales, la foi orthodoxe et un nationalisme frustré par trop de siècles de soumissions. On comprend mieux la suite…

Reste que l’on ne peut s’empêcher de remarquer de notables influences ottomanes et austro-hongroises. Les premières s’expriment aussi bien à travers la mosaïque ethnique et religieuse de la Serbie que par la gastronomie. Les secondes sont patentes en architecture au nord du pays.

 

TRANSPORT 

 

Avion

Air France assure également un vol quotidien Paris CDG-Belgrade, à partir de 259 € A/R.
JAT Airways, la compagnie nationale, assure un aller-retour quotidien entre Paris et Belgrade, sans escale, à partir de 30 000 dinars A/R (si vous réservez longtemps à l'avance). Jat Airways affrète une navette reliant l'aéroport de Nikola Tesla au centre-ville de Belgrade.

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La Serbie est desservie par 2 aéroports internationaux, celui de Belgrade (Nikola Tesla), le principal, situé à 12 km à l’ouest de la capitale, et celui de Constantin le Grand à Niš. 
Le premier dispose de nombreux comptoirs de compagnies de location de voitures et d’un office du tourisme local. On rejoint le centre par le bus de ville (ligne 72, toutes les 30 mn, 50 dinars environ), par le minibus E7 (toutes les heures) ou par la navette deJAT Airways (toutes les heures ; aux alentours de 1 000 dinars).

Train

Commençons par un euphémisme : n’envisagez pas d’utiliser les chemins de fer serbes si vous ne disposez pas de beaucoup de temps…Le réseau est vétuste et les retards sont fréquents.

La principale ligne, celle du Balkan Express, traverse le pays en provenance de Budapest (Hongrie), via Subotica et Novi Sad, et en route vers Sofia (Bulgarie), via Belgrade et Niš. Parfait pour les nostalgiques d’Agatha Christie, le confort et le flegme en moins ! 
Les liaisons sur cette ligne sont fréquentes, pas trop lentes, et les trains en état (à peu près) correct. C’est nettement moins vrai sur les autres lignes : wagons sales et déglingués, trains poussifs, souvent en retard, voire annulés. Autre inconvénient, les gares sont souvent assez éloignées des centres-villes. Si l’on regarde les choses du bon côté, les tarifs sont en revanche très bas.

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Parmi les trajets les plus intéressants, signalons celui, biquotidien, menant à Bar, sur la côte du Monténégro (en 8h), qui traverse les Alpes dinariques. Pensez juste à nettoyer la vitre avant le départ pour en profiter !

Bus

La densité du réseau et la fréquence des liaisons entre les principales villes serbes et avec les capitales des pays voisins fait du bus le meilleur moyen de transport.

À titre d’exemple, il y a, en moyenne, un départ toutes les 15 mn de Belgrade pour Novi Sad et toutes les 30 mn pour Niš. La plupart des villages, même reculés, sont desservis. Sur les grands axes, les busekspress sont modernes et confortables, la plupart du temps avec TV et W.-C. à bord (mais pas toujours !). Ailleurs, les cars sont souvent bondés, parfois vieillots et roulent toujours trop vite sur les routes fréquemment sinueuses. Certains trajets peuvent s’avérer assez lents… voire très lents si, comme cela arrive parfois, votre beau carrosse rend l’âme sur le bas-côté ! Ne vous fiez pas trop aux horaires affichés dans les gares routières : ils sont rarement à jour.

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Le site de la gare routière de Belgrade permet de consulter les horaires sur les différentes lignes, toutes compagnies confondues, au départ de la capitale. Recherche par ville de destination.

Les liaisons vers les pays voisins (Budapest, Sarajevo, Sofia, etc.) sont assurées par les bus modernes et tout confort d'Eurolines.

Voiture

Le permis de conduire international est fortement recommandé. Ceux qui viennent en voiture auront également besoin de la carte verte internationale.

Sur place, la voiture procure une liberté de mouvement inestimable. Elle permet de voir bien plus de choses que si l’on s’en remettait aux seuls transports en commun. 
Les locations ne sont pas trop chères et, si l’on est plusieurs à partager, cela peut se révéler abordable.
Certains choisiront de venir avec leur propre véhicule depuis l’Europe de l’Ouest : un véritable périple qui met déjà l’eau à la bouche. La frontière avec la Hongrie se passe facilement. Idem pour la Bulgarie, même si c’est généralement un peu plus long. Revenue dans le giron européen, la Serbie est à nouveau couverte par la Carte verte. Le péage est parfois majoré pour les véhicules immatriculés à l'étranger.

Routes

Une seule autoroute traverse le pays, entre Novi Sad au nord et Niš au sud, via Belgrade. Elle est en bon état, mais payante (avec supplément pour les véhicules étrangers). Il est possible de régler en euros. 
Le reste du réseau est dans un état bien moins présentable… Routes cabossées par sections entières, semées de nids de poule par endroits, puis impeccables avant de se dégrader à nouveau ! N’y cherchez pas de logique, il n’y en a pas. Si le Nord (Voïvodine) est plat, le Sud et l’Ouest sont très accidentés : les routes y sont souvent très tortueuses.

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Les limitations de vitesse sont de 120 km/h sur autoroute, 100 km/h sur les grandes routes et 60 km/h dans les zones habitées. Les contrôles de vitesse ne sont pas rares. De toute façon, la moyenne horaire se situe autour de 40 km/h (et encore), alors ne comptez pas voir tout le pays en 3 jours.

Par ailleurs, évitez si possible de conduire de nuit : charrettes, véhicules non éclairés, trous béants, bétail passif, cyclistes bourrés, bus fous, c’est un vrai jeu vidéo puissance dix ! Les panneaux de signalisation sont déjà invisibles de jour, alors la nuit… 
Ne négligez pas d’apprendre à déchiffrer l’alphabet cyrillique serbe : sur les petits axes, la translittération en caractères latins est rare.

N’oubliez pas que la police doit impérativement être prévenue avant que les véhicules accidentés soient déplacés (et ce, même s’ils sont en plein milieu de la chaussée).

En ville, mieux vaut utiliser les parkings gardés si vous avez tous vos bagages dans le coffre : les plaques étrangères sont vite repérées.

L'auto-stop

Ne se pratique pas sur les grands axes : les bus et le train sont suffisamment abordables. Sur les petites routes, par contre, là où le bus ne fait que de rares incursions, la solidarité joue à fond. Ne tendez pas le pouce, on vous prendra pour un fou tombé de la Lune, ou pire, un grossier personnage… Faites plutôt signe aux chauffeurs ou accostez-les dans une station-service.

En ville

À Belgrade (et dans les principales villes), les transports en commun sont à la fois bien développés et très bon marché. Bus, trams, trolleys sillonnent les rues à toute heure. Outre la compagnie publique (GSP), on en compte 6 compagnies privées. Bonne nouvelle : toutes utilisent le même type de tickets. Les minibus ne desservent que quelques lignes ; ils sont plus rapides, mais aussi plus chers.

Les taxis restent relativement abordables (3 à 5 € pour une course standard en ville, autour de 10-13 € entre l'aéroport de Belgrade et le centre-ville). Préférer les taxis rattachés à une compagnie aux taxis dits « libres », dont les prix peuvent s'envoler. Toujours négocier le prix avant le départ.

 

HEBERGEMENT 

 

La Serbie sort à peine de sa léthargie post-Milošević et le tourisme n’est pas encore la première préoccupation du pays. Reste qu’un certain renouveau s’observe et qu’il vaut également pour l’hébergement. 
Les chambres chez l’habitant et l’agrotourisme, déjà très populaires dans les années 1980, ont refait leur apparition, tandis que motels et nouveaux hôtels ont été construits en ville. Sachez que ces derniers sont toutefois chers pour les prestations proposées.

L’office de tourisme local peut vous aider à trouver un hébergement.

Hôtels

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La classification serbe des hôtels ne reflète que très modérément leur véritable degré de confort… Vous ne serez pas loin de la vérité si vous enlevez systématiquement une étoile au compteur ! Cela dit, il arrive que l’on trouve des 2 étoiles nickels, bien mieux que ces vieux dinosaures remontant à l’époque du bloc de l’Est et qui portent encore leurs étoiles sur le fronton comme de vieux généraux cacochymes leurs galons aux épaules… On ne peut pas toujours les éviter (c’est parfois la seule option), mais au moins vous serez prévenus.

Ces dernières années, beaucoup ont cependant été privatisés et en partie rénovés. On y trouve couramment deux catégories de chambres : des moins chères baignant dans leur jus années 1970 et d’autres refaites, plus agréables.

Ces dernières années, des motels sont sortis de terre en nombre sur le bord des routes. Ils offrent une bonne alternative. Évitez juste de pousser la porte des plus anciens, dont les chambres sont souvent dépourvues de salle de bains.

Chambres et pansion

Pour rencontrer les Serbes, rien ne vaut une chambre chez l’habitant. Repérez les panneaux Sobe (souvent accompagnés du classique Zimmer). Pour un prix des plus modiques, vous aurez une bonne idée d’un intérieur local et profiterez de la grande tradition d’hospitalité serbe. Mais ne faites pas la fine bouche lorsqu’on vous servira un raki, à boire cul sec ! On peut souvent prendre le repas du soir.

Un cran au-dessus en terme de confort, les modestes pansion, des sortes de mini-hôtels familiaux, sont souvent établies en banlieue ou à la sortie des villes. N’espérez pas une déco fantastique, mais le nécessaire y est.

Auberges de jeunesse

Il n’y a pas de limite d’âge pour séjourner en AJ. Il faut simplement être adhérent. La FUAJ propose 3 guides répertoriant les adresses des AJ : France, Europe et le reste du monde (payants pour les 2 derniers).

Il existe une trentaine d'AJ officielles en Serbie : une vingtaine à Belgrade, une à Smederevo, 2 à Niš et une à Novi Sad. Compter environ 1 200 RSD la nuit.

Refuges

Dans un genre un peu différent, ceux qui rêvent de grands espaces s’intéresseront aux refuges des parcs naturels et nationaux. Il en coûte le plus souvent entre 7 € et 10 € par personne.

Camping

C’est la solution la plus économique et l’une des plus agréables : la plupart des campings (une vingtaine à travers le pays) sont situés dans des zones boisées, au bord d’un plan d’eau ou du Danube. Certains louent des bungalows simples, particulièrement bienvenus les jours de pluie… La plupart des campings ouvrent début mai pour fermer fin septembre, parfois même un peu plus tôt ; seuls quelques-uns sont ouverts à l’année.

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Ne vous attendez pas à des conditions de confort extraordinaires (souvent pas d’eau chaude), mais vu les tarifs pratiqués, assez bas, il pourrait difficilement en être autrement.

 

CUISINE ET BOISSONS 

 

Cuisine

La cuisine serbe mêle un grand nombre d’influences héritées de ses divers envahisseurs passés : slave et continentale de tradition, elle est marquée par un certain savoir-faire austro-hongrois, mais aussi, dans une moindre mesure, par les habitudes de la Méditerranée et des influences orientales. Les Ottomans y ont laissé leur marque, les Grecs et les Bulgares aussi.

La plupart des Serbes commencent la journée par un gros petit déj’ qui tient bien au corps. Au programme : café bien corsé (à la turque) ou thé, pain, fromage, salami, saucisses, kaymak (crème de lait aigre), œufs… 
À cette heure-là, certains se dirigent déjà vers les pâtisseries ou lesburegdjinitsi pour commander un ou deux burek, des sortes de chaussons (friands) d’origine turque fourrés de viande hachée aux oignons, parfois de champignons, de pommes ou de cerises aigres. On parle de gibanitsa lorsqu’ils sont au fromage, de zeljanitsa aux épinards et de krompirusa aux pommes de terre. Souvent consommés avec du yaourt, les burek font un en-cas facile et bon marché à toute heure, façon fast-food local. Ils sont souvent vendus au poids. En Serbie, la ville de Niš est la plus réputée en la matière.
Autre option : le proja, du pain de maïs servi avec kajmak, fromage et/ou yaourt.

Le repas du midi est généralement léger en semaine, mais copieux, voire pantagruélique, le week-end. Dans les restos un peu classe, prévoyez de passer du temps : il vous en faudra pour ingurgiter autant que vos voisins de table !

Jambon, saucisses, poivrons (punjene paprike) et feuilles de vigne ou de chou farcis de viande hachée et de riz (sarma) sont servis en hors-d’œuvre. En hiver, les soupes débarquent, aux légumes (corbe), dans lesquelles baignent agneau, poulet ou porc ; aux haricots (pasulj) avec carottes, navets et lard, etc. L’été, ce sont plutôt les salades vertes, de tomates, ou de chou. La sopska mêle tout cela à du fromage. 
Viennent les plats principaux. Végétariens, soyez prévenus : les grillades tiennent le haut du pavé. Ne pas vouloir en manger semble d’ailleurs un peu louche… La viande de porc est la plus populaire, suivie de l’agneau et du chevreau. Pour un en-cas, vous trouverez à tous les coins de rue saucisses, pljeskavitsa (burgers aux oignons),vechalitsa (viande fumée) et autres cevapchini (kebabs). Barbecue par ici, barbecue par là ! Au resto, même combat, mais présenté avec tous les atours, surtout dans les auberges aux vieilles poutres noircies et aux musiciens sirupeux.
Autres classiques : la musaka, le djuvetch (poivrons et tomates frits avec viande et oignons), le goulasch à la hongroise, les Wiener schnitzel à l’allemande, les aubergines farcies (punjene tikvitse), les épis de maïs grillés. Au rayon des curiosités : les tripes grillées au barbecue ! Maintenant, rassurons les anti-viandards. On trouve aussi du poisson, carpe, perche ou truite, surtout près du Danube. Le fleuve étant pas mal pollué, à vous de voir, cependant, si vous voulez vraiment vous y coller…

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Les plats sont en général assez peu épicés. Seuls le poivre et le paprika sont régulièrement utilisés, de même que l’ajvar pour relever les viandes grillées - une pâte de poivrons à la belle couleur orangée, que l’on étale aussi simplement sur du pain noir avec du fromage crémeux. Les pommes de terre, la choucroute et la polenta (kacamak) viennent souvent en accompagnement.

Pour terminer le repas, les choix se porteront surtout sur les gâteaux et les pâtisseries : baklavas et halva hérités des Ottomans (mais moins sucrés), shtrudla proches des strudels allemands et autres forêts noires descendues tout droit des hauteurs autrichiennes… Île flottante (chnenokle), riz au lait, compotes et tufahije (pommes cuites aux noix) complètent le panorama.

Boissons

Alcoolisées

Le Serbe boit bien, et il s’en vante ! Dans les bistros, tout le monde est à la bière (pivo), servie en bouteille (33 ou 50 cl), rarement à la pression (tocheno). Les blondes sont largement plus communes que les brunes. Parmi les marques les plus populaires, citons la Jelen(bonjour la gueule de bois !), la MB et la Nikcitsko, favorite des Monténégrins (plus chère). Très populaire, la Belgrade Beer Fest attire chaque été plus d’un demi-million de visiteurs dans la capitale. On y boit autant de litres de bière !

Pour vous souhaiter la bienvenue, on vous offrira plutôt un raki(rakija), une eau-de-vie distillée à partir de différents fruits. Chacune porte un nom différent : slivovitsa (prune), lozovatcha (raisin),jabukovatsa (pomme), etc.

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Sachez que la Serbie produit aussi du vin. La tradition remonte au moins à l’époque romaine. Que vaut-il ? Cela dépend des régions et des exploitations. Étant donné les températures hivernales, mieux vaut miser sur les blancs : le Fruska Gora de la vallée du Danube et le Zupsko d’Alexandrovac tirent leur épingle du jeu. Certains rosés sont agréables, mais la plupart des rouges sont lourds, sans distinction.

Non alcoolisées

Pour les plus sobres, eaux minérales locales, jus de fruits, yaourts et kéfir sont partout disponibles. 
La boza est une boisson à base de maïs et le kvas, très légèrement alcoolisé, est obtenu à partir de farine d’orge ou de seigle distillée. 
Le thé est peu présent (surtout des tisanes), mais le caféincontournable. Il est servi à la turque, riche et épais. Laissez le marc se déposer.

 

 

SPORT ET LOISIRS 

 

Sports et Serbie ne font pas forcément bon ménage dans la plupart des esprits. Tout au plus s’accorde-t-on à trouver des qualités aux équipes nationales de basket et de volley, habituées des podiums mondiaux, et aux footballeurs de l’Étoile Rouge de Belgrade… qui brillent toutefois un peu moins ces temps-ci. La passion nationale pour le water-polo, par exemple, est injustement ignorée !

Sports de montagne

Sports d'été

Reste que le pays, avec ses vastes espaces naturels, se prête bien à la pratique de certains sports de montagne. L’été, randonnée, escalade, parapente, VTT, rando équestre et spéléologie sont à l’ordre du jour, particulièrement dans les parcs nationaux.

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Le parc national de Fruska Gora est établi autour de hautes collines (539 m) réputées pour leurs vignobles, à quelques kilomètres de Novi Sad. Le Djerdap, le plus beau sans doute, s’étire tout au long du défilé des Portes de Fer sur le Danube. Le parc de Tara se trouve pour sa part au sud-ouest du pays, contre la Bosnie, et celui de Kopaonik contre la frontière kosovar. Ses montagnes sont les plus élevées, avec une alternance de belles forêts et d’alpages au-dessus de 1 600 m. Du sommet du Pancicév vrh (2 017 m), on découvre un vaste panorama sur le Kosovo voisin. Les flemmards y grimperont par le télésiège et redescendront à pied pour se goberger de myrtilles en chemin.

Sports d'eau

Rafting et kayak se pratiquent sur la Drina (parc de Tara), dans le canyon de l’Uvac aux nombreux méandres (où se pratique aussi la spéléologie), et plus encore sur la Tara, au Monténégro voisin (voir notre fiche). On peut même descendre la Drina en radeau de bois à partir de Perucac !

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Sports d'hiver

L’hiver, on skie en Serbie. La principale station, Kopaonik, compte 44 km de pistes de descente de tous niveaux, également ouvertes aux snowboarders. Le forfait revient à 23 € environ par jour. On y trouve un fun park pour le half pipe, un tremplin de saut et 20 km de parcours de fond.

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Free ride et parapente séduiront les amateurs de frissons. Quant aux pollueurs dans l’âme, ils s’offriront un tour en motoneige… On peut louer du matériel sur place : compter de 6 à 10 € par jour environ. 
Stara Planina, proche de la frontière bulgare, est en plein développement. En ligne de mire : 100 km de pistes.

Parachutisme

Même si l’histoire officielle a retenu le saut d’un Français en 1797 comme origine du parachutisme, certains Yougoslaves affirment en être les inventeurs… en la personne d’un certain Augusto Franchich, qui aurait sauté du haut de la tour de Rijeka (aujourd’hui en Croatie) à la fin du Moyen Âge !

Quoi qu’il en soit, les Serbes semblent aimer se balancer dans le vide : du haut d’une tour peut-être, d’un avion ou d’un pont (à l’élastique) plus certainement.

 

 

ITINERAIRES CONSEILLES 

 

Difficile de se faire une première idée du pays en moins d’une semaine. Ceux qui ont davantage de temps en prévoiront plutôt deux, ce qui leur permettra à la fois de parcourir les routes tortueuses du Sud à la recherche des plus beaux monastères, d’explorer la Voïvodine et sa culture influencée par la Hongrie et l’Autriche, et de se promener dans les parcs nationaux.

Belgrade

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Belgrade s’éveille d’un long sommeil. Établie au confluent de la Sava et du Danube, la capitale serbe reste veillée par les murailles de la vieille forteresse de Kalemegdan. Celtes, Romains, Slaves, Turcs et Austro-Hongrois se sont battus pour la possession de cette éminence stratégique, d’où se livre un vaste panorama sur les fleuves et l’île formée en leur sein.

En contrebas, la vieille ville (Stari Grad) déroule ses atouts. De la forteresse à la place de la République, un long boulevard piéton, Knez Mihailova, invite à déambuler paisiblement de terrasse de café (viennois) en dignes façades. Sur l’esplanade, face au « cheval » (statue du prince Mihailo), lieu de rendez-vous privilégié des citadins, se dresse le Musée national. Pour une pause, mettez le cap sur la rue Skadarska : voici le Montmartre belgradois avec ses vieux restos typiques, ses peintres et ses musiciens tziganes le soir venu. Autre visite : le palais de la princesse Ljubica, typique du XIXe siècle.

Au-delà, édifices baroques, Art Nouveau et communistes, construits après la Seconde Guerre mondiale, se mêlent : un patchwork plus ou moins élégant selon les quartiers ; Dorcol présente le visage le plus seyant. En dehors du centre, la grande cathédrale Saint-Sava, dominée par un dôme doré, a été récemment élevée sur le site où le pacha turc ordonna de brûler ses reliques.

Avant de quitter la ville, offrez-vous encore une balade dans lefaubourg de Zemun, à l’Ouest : ses vieilles façades pastel s’alignent gentiment sur les berges du Danube, où prolifèrent les terrasses de restaurants.

La Voïvodine

Province autonome, pays de plaines immenses grand ouvert sur la Hongrie voisine, la Voïvodine occupe près du quart de la Serbie. Sa diversité ethnique est grande : on y compte pas moins de six langues officielles ! Les Hongrois sont toutefois de loin les plus nombreux (14 %) après les Serbes.

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Capitale de la région et deuxième ville du pays, Novi Sad s’ancre sur une boucle du Danube, sous la protection d’une vieille forteresse (Petrovaradin), bastion avancé de la défense des Habsbourg face aux armées ottomanes. La vieille ville, comme l’ensemble de la région d’ailleurs, a gardé la marque de l’architecture austro-hongroise, baroque, néoclassique et néogothique. On y visite le musée régional (costumes et artisanat), les galeries d’art, une myriade d’églises, catholiques et orthodoxes, et même une synagogue.

En ligne de mire, les collines de Fruska Gora, site de l’un des quatre parcs nationaux du pays, ondulent au Sud. Semés l’été venu de meules odorantes, ces mamelons, verdoyants et boisés dans leur partie haute, se couvrent sur les basses pentes de vignobles parmi les meilleurs du pays (dégustations possibles). De loin en loin, quelque seize monastères des XVe et XVIe siècles se dissimulent dans le fouillis de petites routes : Krusedol et ses très belles peintures murales, Novo Hopovo influencé par l’art du mont Athos, etc. La petite « capitale » des Fruska Gora, Sremski Karlovci, est une jolie ville baroque comme oubliée par le temps. On peut s’y rendre depuis Belgrade par le train « Romantika »…

La vallée du Danube

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En aval de Belgrade, le grand fleuve passe au pied de la puissantecitadelle de Smederevo, éphémère capitale serbe jusqu’à sa conquête par les Ottomans en 1439. Mais vous n’avez encore rien vu ! À l’approche des contreforts des Carpates, la forteresse de Golubac (XIVe) amarre fièrement ses tours, donjon et murailles crénelées sur un promontoire rocheux surplombant le fleuve. Un site romantique en diable, qui plaira à tous les chasseurs de fantômes. 
Le château signale l’entrée du Danube dans les Portes de Fer, une gorge creusée dans les montagnes des Carpates, entrecoupée de défilés (150 m de large) et de passages plus larges (2 km). 
Dans le canyon de Kazan, les falaises atteignent jusqu’à 300 m de haut ! Le fleuve marque ici la frontière avec la Roumanie et l’on peut, sur une rive ou sur l’autre, suivre ses courbes de près. Depuis le Danube, ne manquez pas la Tabula Traiana, la table de Trajan, une inscription en latin dédiée à l’empereur romain qui « a entaillé la montagne et placé des poutres de soutènement pour la construction d’une route ». 
Côté serbe toujours, le parc national de Djerdap déroule ses forêts où habitent encore ours, lynx et loups.

Les monastères orthodoxes

Joyau national, les monastères orthodoxes ont vu le jour dès le XIIe siècle au sud de la Serbie actuelle. C’est dans la Rascie, autour de la capitale médiévale serbe de Ras (actuel Sandjak), à l’approche de la vallée de l’Ibar, que les premiers sont apparus à l’instigation de saint Sava et des rois Nemanjic : Studenica, modèle de toute la dynastie, aux murs en marbre blanc, qui devint un centre de diffusion de savoir et compta jusqu’à douze églises ; Djurdjevi Stupovi (Saint-Georges), en ruines ; Zica aux murs rouges vifs, où furent couronnés plusieurs monarques ; Mileseva, attaché au souvenir de saint Sava ; et encore Sopocani, aux fresques exceptionnelles (dont celle de la Dormition de la Vierge), et Gradac dont les bâtiments évocateurs ont été restaurés… Leur architecture mêle tradition byzantine (haute nef, coupole) et influences romanes.

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Un style serbo-byzantin, plus imposant, se développe au XIVe siècle. C’est à lui que sont, entre autres, rattachés les monastères deGracanica, aux cinq dômes et multiples clochetons, et Pec, au Kosovo, dont les grandes peintures murales montrent la transition vers le Renaissance paléologue. À la fin du siècle, face à l’avancée des armées ottomanes, les grands ensembles religieux sont bâtis plus au Nord, dans la vallée de la Morava et à l’approche du Danube : Ravanica et sa forte enceinte, Manasija et sa superbe église (fresque de la Communion des Apôtres), ResavaKalenic (peintures byzantines),Ljubostinja , et d’autres encore. L’école de la Morava désigne une architecture plus raffinée, aux accents géométriques marqués, combinant plusieurs types de pierres et briques.

Cinq des monastères serbes ont été classés au patrimoine mondial par l’Unesco : Studenica, Stari Ras, Sopocani, Djurdjevi Stupovi et Decani.

Et encore au sud…

C’est au Sandjak (voir la rubrique « Culture »), région à forte minorité « bosniaque » (comprenez musulmane) que se trouvent la plupart des grands monastères serbes. Le contraste est fulgurant avec Novi Pazar, chef-lieu de la région, qui vit à l’ombre de sa grande mosquée. Caravansérails et maisons ottomanes y dépeignent des Balkans avec déjà un pied (ou plutôt deux) en Orient.

La région abrite deux des principaux parcs nationaux du pays. À l’Ouest, celui de Tara s’étend au nord du massif de Zlatibor. Pas de pics alpins, mais une jolie montagne à vaches cisaillée de canyons par les torrents et de splendides forêts (zlatibor signifie « pins exceptionnels » !). C’est le roi de Serbie qui, à la fin du XIXe siècle, rendit les lieux populaires en y séjournant. Aujourd’hui, on randonne et on fait du rafting sur la rivière Drina (frontalière avec la Bosnie) ou sur l’Uvac.
Autres lieux sympas : le joli village ethno de Sirogojno, où sont nichées une église et des vieilles maisons typiques de la région (on peut y loger), et le train à vapeur de Mokra Gora, qui grimpe à l’allure de l’escargot à flanc de montagne, en formant un « huit ». L’autre parc national du Sud, celui de Kopaonik, est situé tout contre le Kosovo, près de Novi Pazar. On y trouve le point culminant de la Serbie (2 017 m) et sa plus grande station de ski.

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Ceux qui disposent d’un peu plus de temps exploreront la région de Niš, la troisième ville du pays, patrie de l’empereur romain Constantin. Pas de Riviera, ni de Promenade des Anglais au programme, mais une très originale Tour des Crânes, bâtie au début du XIXe siècle par les Turcs avec les 952 têtes décapitées des Serbes qui venaient de se soulever… La forteresse est déjà plus classique. Située sur la route terrestre de Rome à Constantinople, la ville est la porte d’accès à plusieurs sites archéologiques : ruines du palais de l’empereur à Mediana, cité de Caricin Grad et vestiges du palais fortifié de Galerius (IIIe) à Gamzigrad (Romuliana), récemment classés au patrimoine mondial de l’humanité.

La frange orientale du pays, où se dressent les premiers contreforts des Stara Planina (Balkans), se prête bien à la rando et au VTT.

 

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